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Récolter des données qui joueront un rôle décisif dans les actions de conservation des raies et requins de Méditerranée.
Etudier les raies et les requins
Les élasmobranches (requins et raies) sont parmi les organismes marins les plus menacés au monde : surpêche, capture accidentelle, destruction de l’habitat, changement climatique, etc. En Méditerranée, entre 53 et 71% des élasmobranches sont menacés d’extinction.
Pourtant, les connaissances concernant ces espèces sont incomplètes et hétérogènes.
Un fort pourcentage de ces espèces sont classées comme « Data Deficient » (données insuffisantes) selon l’Union Internationale pour la Conversation de la Nature. C’est-à-dire que l’on manque de données cruciales sur ces espèces.
Pourquoi ?
Parce que ce sont des espèces difficiles à observer et donc à étudier.
En France, la majorité des espèces listées par l’UICN ne sont pas protégées et des mesures interdisant la pêche et le débarquement de toutes les espèces vulnérables devraient être mises en place.
De plus, les raies et les requins sont rarement pris en compte dans les programmes de suivi et de conservation.
Comment ?
Il existe plusieurs approches pour étudier les raies et requins.
Qu'est-ce que l'ADNe ?
🧬 L'ADN envionnemental
L’ADN environnemental (ADNe) consiste à filtrer l’eau pour analyser l’ADN libéré par les organismes (cellules mortes, fèces), permettant d’identifier les espèces sans nécessiter leur observation ou manipulation directe. Cette méthode est non invasive, et peut être déployée à grande échelle pour déterminer les zones de présence et leurs habitats.
Cependant, l’ADNe n’informe pas sur l’abondance, le sexe ou encore l’âge des individus par exemple. De même, un individu peut être présent dans la zone, et ne pas être détecté à un instant donné.
Il est donc pertinent de combiner cette méthode avec d’autres techniques, comme les observations visuelles ou la télémétrie.
Qu'est ce que la télémétrie ?
La télémétrie
consiste à fixer sur un animal un dispositif électronique qui va enregistrer plusieurs paramètres (position, vitesse, température, salinité..). Il existe différentes méthodes.
Pour la télémétrie satellitaire, l’appareil électronique émet des signaux satellites, captés uniquement lorsque l’animal remonte à la surface. Les données sont récoltées sur de larges distances, mais sont limitées si l’animal ne fait pas souvent surface.
Pour la télémétrie acoustique, l’appareil va émettre des signaux sonores, captés par des hydrophones implantés dans la zone d’étude. Cela permet de suivre précisément les déplacements et/ou l’activité des individus marqués sur le long terme, mais sur une zone plus restreinte.
Combiner plusieurs méthodes
Pourquoi ?
Ces deux méthodes sont particulièrement adaptées aux élasmobranches, difficiles à observer, et fournissent des données complémentaires à leur étude.
Comprendre les dynamiques spatiales et comportementales de ces espèces, leur comportement, et la manière dont elles utilisent leurs habitats permet de mieux appréhender leur gestion et leur préservation.
